La Randonnée Bull 2016 est terminée. Consultation d'un CR rapide avec quelques photos, c'est par ici et le revue de presse est consultable sur cette page...
Du 02 au 06 Juin 1999, une belle partie de manivelles!
Depuis sept ans déjà, l'objectif de BULL est de réunir tous ses partenaires (AMP, NEC, GORE, SONEPAR, EBV Electronik, ARROW Electronics) pour un événement sportif dont ils sont les acteurs. Il s'agit d'une randonnée cyclotouriste sur un week-end dans une jolie région de France.
MOTOROLA a participé à toutes les rencontres depuis 1994.
Dès sa première participation MOTOROLA s'est distingué en dotant tous les participants d'un équipement cycliste complet (Maillots, cuissards, gants). Grâce à cet effort dont nous voyons encore des traces aujourd'hui (beaucoup d'athlètes arboraient cette fois encore des cuissards, maillots ou des gants au nom de MOTOROLA), nous serons toujours les bienvenus lors des ces chaleureuses randonnées.
En marge de ce week-end les équipes de BULL Echirolles et BULL Angers effectuent chaque année un parcours de concentration qui les fait partir de leur lieu de travail pour arriver dans la région où se déroule la randonnée cycliste.
Cette année, j'ai décidé de me joindre à l'équipe de BULL Angers pour faire le parcours Angers-Mauriac, soit près de 450 km à parcourir en trois jours.
Ma préparation a été minutieuse ; j'affiche près de 4500 km depuis le mois de Novembre dernier. Je suis entraîneur vélo dans un club de triathlon et j'ai suivi un programme très précis pour être en forme pour ces cinq journées.
Par chance toute la préparation s'est bien déroulée et j'arrive à Angers , ce 2 juin en grande forme. Mon camarade de Club, Olivier, ne me rejoindra qu'à Mauriac; cela fait deux ans déjà que nous essayons de porter sur le devant du peloton le nom de MOTOROLA.
Mercredi 3 Juin Angers-Tournon-St-Martin : 194 km (185 prévus)
Je n'ai pas dormi de la nuit. Stress, bruit de la nationale tout près, chaleur. Claude Sionneau, l'organisateur, vient me chercher à 7h 30 avec mon gros sac et mes roues de rechange.
Il est à l'heure et sans petit-déjeuner, nous arrivons sur le parking de BULL Angers. La plupart du groupe est déjà là, mais le véhicule d'assistance n'est pas arrivé.
Première difficulté comment allons-nous loger tous ces sacs dans une Renault Scenic ? Un véhicule plus gros était prévu mais le sponsoring cette année est à la baisse !!!
8h00 : Nous nous dirigeons en vélo vers la cafétaria pour y rencontrer le directeur d'établissement et quelques managers. Nous avalons quelques croissants et une tasse de chocolat, une photo avec tout le monde (voir ci-joint) et c'est parti pour près de 200 km.
8h 35 : Premiers tours des 34 roues et premiers relais; le vent est violent et favorable. C'est donc très rapidement que nous allons remonter la Loire en la longeant. Des discussions sur les qualités respectives des vins issus des localités traversées, sur le dopage, et la préparation de chacun des membres de l'équipe font passer agréablement les kilomètres.
Il fait grand beau.
12h30 : 90 km parcourus, on s'arrête dans un parc sur le bord de la Loire pour pique-niquer.
13h45 : Nous quittons les bords de Loire pour la Corrèze. Des nuages s'amoncellent ; il est désormais sûr que nous n'échapperons pas à l'orage. Un premier orage est évité de justesse grâce à l'abri miraculeux d'un local de pesage du grain. Le second orage, lui, ne nous ratera pas et nous passerons la fin de l'après-midi à tenter de sécher sur le vélo.
17h30 : 194 km parcourus, nous arrivons à Tournon-St-Martin dans un gîte d'étape tout neuf, qui est un ancien moulin à eau. L'endroit est superbe. Après la douche et le massage, une séance de photos.
Plus tard nous irons dîner dans un petit restaurant ouvert juste pour nous. La nourriture abondante et délicieuse nous fera vite oublier les moments humides de l'après-midi.
Jeudi 4 Juin
7h30 : Tout le monde s'est donné rendez-vous au restaurant d'hier soir pour le petit-déjeuner. Je suis en retard, j'ai pris quelques minutes pour donner au vélo un aspect plus présentable. La baguette fraîche est vite engloutie et c'est reparti mon kiki ...
150 km de prévu. Le parcours sera plus difficile aujourd'hui surtout vers la fin.
Cà c'est la théorie ; la pratique c'est du vent défavorable en permanence et une succession de petites bosses qui au fil des kilomètres alourdissent les jambes même les mieux préparées. Les paysages sont magnifiques.
12h00 : Tout le monde à faim. Je suis limite hypoglycémie et je mange tout ce qui me tombe sous la main. La salade mexicaine avec les haricots rouges compris.
13h30 : Il s'arrête de pleuvoir. Beaucoup ont froid. J'ai mis mes sur-chaussures, je ne les quitterai plus jusqu'à la fin du week-end.
Nous repartons sous une alternance de soleil et de pluie.
15h30 : Nous sommes au pied du premier col du parcours. Je décide de tester mes jambes. La montée de 5 km s'effectue avec un arrière-goût de salade mexicaine, mais tout va bien. Nous arrivons à cinq au sommet et c'est parti pour une descente vertigineuse vers Eymoutier sous une pluie battante. Du vrai sport!!!
Nous sommes hébergés dans un village vacances, et nous nous répartissons dans les différents bungalos. Douches mi-chaude mi-froide; nous n'avions pas remarqué que le cumulus était individuel pour chaque appartement. Notre compagnon qui est passé en dernier n'a eu que de l'eau froide...
En réalité nous avons fait 175 km et pour ma part j'ai battu un record : j'ai croisé moins de dix véhicules dans toute la journée. La Creuse est vraiment une région oubliée. Heureusement et dommage....
21h00 : Repas au restaurant du VVF en compagnie d'anciens d'Algérie. Le repas est plus léger qu'hier soir, mais la journée de demain sera courte même si elle est nettement plus accidentée.
Vendredi 5 Juin
8H00 : Le lever est plus tardif. Les nuages sont très bas. Il pleut.
Après le petit déjeuner, je lave mon vélo à l'eau chaude pour lui redonner un peu d'éclat. Tout le monde attend l'éclaircie pour partir.
9h30 : Nous sommes partis. Il ne pleut plus. Au bout de 2O km je change de roue arrière : les pourcentages deviennent vraiment costauds. Avec ma nouvelle roue dite de "montagne'" tout va mieux et nous enchaînons les petites côtes facilement mais fraîchement.
12h30 : Arrêt pique-nique sous le préau d'entrée d'une salle des fêtes. Il se met à pleuvoir.
14h00 : Après avoir guetté avec application une éclaircie, nous repartons. Les paysages sont extraordinaires. Après une longue descente sur la Dordogne s'annonce le morceau de bravoure de la journée : La montée vers Mauriac : 7 km de côte à 10%. En arrivant sur Mauriac un de nos compagnons d'échappée remarque une petite chapelle sur une colline avoisinante et raille : "Il ne manquerait plus que le VVF se trouve là-haut!!".
Tout le monde rigole...
Mais renseignements pris, nous sommes sûrs maintenant que l'arrivée est bien là-haut!
Dur, Dur... Après 105 km, enfin on se dit qu'au moins on n'aura pas eu de pluie aujourd'hui!!
18h30 : La douche et le massage sont oubliés. Nous sommes maintenant tous réunis, Echirolles, EBV et tout les autres autour d'un verre de vin d'Anjou blanc très sucré. Les 35 litres seront très vite bus!!
Tout le monde est gai, pourtant les nouvelles de la météo sont très mauvaises. Il neige sur le col que nous devrions franchir demain, il va pleuvoir très fort avec du brouillard et du froid:
La totale...
20h30: Repas tous ensemble. Nous sommes vraiment très heureux d'avoir pu faire ce parcours de regroupement. Les paysages étaient magnifiques et l'ambiance très chaleureuse. Les jambes sont un peu lourdes mais demain c'est le grand jour ; il faudra tout donner. Presque huit mois de préparation pour arriver là, il ne faut pas fléchir.
Samedi 6 Juin
7h30: Le premier geste ce matin a été de pousser le rideau de la fenêtre pour voir s'il pleuvait ou pas. La réponse a été immédiate et positive; le brouillard est en sus. Je m'équipe pour rouler sous la pluie. Tout est sec , tant mieux. Dans la queue du petit-déjeuner, tout le monde est un peu tendu.
C'est la première fois depuis le début des randonnées BULL que la météo nous est si défavorable. Bien sûr les parcours ont été modifiés (il y avait de la neige au passage du Puy Marie).
9h00: Premiers tours de 220 roues sous la pluie. Le Kway est tout de suite trempé. On discute un peu mais bientôt une descente dangereuse s'annonce. Il pleut toujours, le freinage est douteux, tout le monde est très prudent et respecte les consignes.
Nous nous retrouvons dans la première côte à appuyer un peu plus fort pour chauffer un peu les jambes détrempées. Le peloton explose dans ce premier effort. Toute convivialité disparaît. Il fait froid, chacun se débrouille comme il peut pour diminuer son calvaire. Je m'abrite derrière Olivier qui est déchaîné et qui finit par me lâcher dans la dernière côte, terrible : 11% pendant 4 km.
En débouchant au sommet bien éprouvé, je cherche Olivier. Je ne vois rien à 5 m. J'appelle, il me répond, il n'est qu'à 10 m à droite. On attend quelques minutes, en discutant avec la voiture ouvreuse. Passé ce petit laps de temps on repart à trois seulement . Olivier est devant et fonce à plus de 50 km/h dans le brouillard. Je ne comprends pas, lui qui d'habitude ne descend pas vite et qui est très prudent, nous fait une descente de folie. Je m'accroche, Jean-Marie aussi; quelques échanges de regards complices entre nous sur cette subite envie de prendre beaucoup de risques de la part d'Olivier.
Tout à coup, une voiture surgit devant nous à moins de dix mètres, Olivier s'écarte en freinant brutalement, nous permettant de nous arrêter JM et moi. Un camion montant l'empêche d'avancer.
Maintenant tout est clair, Olivier suivait la voiture dans le brouillard. Il avait tous les repères pour descendre à cette vitesse. Rétrospectivement nous remercions Olivier d'avoir suivi la voiture; nous n'osons pas imaginer comment nous aurions pu croiser même à faible vitesse ce gros camion.
Maintenant qu'il n'y a plus de véhicule devant, je suis en tête et ma vitesse ne dépasse pas 40 km/h, je ne vois rien, j'ai froid, je suis trempé et la pluie redouble. Tout va bien...
11h30: Nous arrivons au village de Salers, lieu de regroupement pour le repas.
Grelottant et trempés jusqu'aux os nous attendons quelque peu pour connaître la décision de l'organisation pour l'après-midi. Nous sommes pourtant au chaud dans un préau d'école, mais je claque des dents. L'organisation conseille de manger ici et de rejoindre Mauriac qui est à moins de 20 Km.
Nous préférons faire l'inverse pour éviter de rester trop longtemps dans l'humidité et de bénéficier au plus vite de la douche. Olivier va nous sortir à nouveau un grand numéro. Nous allons parcourir les 20 km qui nous séparent de Mauriac en 35 minutes !!!. Je me félicite d'avoir choisi un tel équipier qui mérite largement le titre de leader. Nous venons de boucler 60 Km.
Douche brûlante, magnifique. Enfin sec...
C'est en voiture, bien au chaud, que nous revenons à Salers narguer les derniers à repartir. Nous mangerons tranquillement et visiterons Salers pendant l'après-midi.
Le soir, le repas puis la soirée dansante sont très réussis.
00h30 : Nous allons nous coucher, notre chambre ressemble à une rue pauvre d'une ville du Sud, le linge mouillé est étalé partout.
Dimanche 7 Juin
8h30: Les yeux sont petits, les jambes très lourdes et le linge pas sec du tout.
Il pleut. Nous décidons de rentrer à Paris. Des gens très courageux, pas beaucoup, feront une petite sortie. Nous les regardons partir sous une pluie battante sans la moindre envie.
Adieux et mille mercis à tout le monde, au revoir...
Paris nous accueille sous le soleil, nous prenons cela comme une bonne augure pour l'année prochaine en Bretagne...