La Randonnée Bull 2016 est terminée. Consultation d'un CR rapide avec quelques photos, c'est par ici et le revue de presse est consultable sur cette page...
Première étape: Mardi 3 juin: Echirolles - Buis-les-Baronnies
C'est un peloton d'une cinquantaine de pédaleurs qui quitte l'enceinte du site Bull d'Echirolles, vers 6 heures du matin après avoir achevé le chargement de la camionnette (4 glacières de boissons fraîches) et fixé sur la carte mémoire de bon nombre d'appareils numériques la traditionnelle photo de groupe du départ, la première d'une série de 3 au gré des étapes qui doivent nous mener à Florac, en Lozère.
La météo prévoit des possibilités d'averse pour l'après-midi mais la pluie de la veille a laissé la place à un temps plus calme. On termine donc notre nuit de sommeil raccourcie comme on peut entre la colline de Champagnier et la zone des industries chimiques du sud grenoblois.
Après un premier regroupement à la sortie de Vif, la file s'étire dans les 17 kilomètres de la montée vers le Trièves. Pierre Bérard, encore moins violent des genoux que les années précédentes, malgré une belle assiduité aux sorties d'entraînement, et Guy Souchon, handicapé par des douleurs aux siens (de genoux) ferment la marche... Au col du Fau (899 mètres d'altitude) les attendent ceux qui souhaitent former avec eux le grupetto traditionnel. Au carrefour de Clelles tout le monde se retrouve autour de la camionnette pour la saucissonnade arrosée de syrah, histoire d'ingurgiter le pain nécessaire à cette longue étape.
On prend alors la petite route quasi déserte qui monte au col de Prayet (1197m). De retour de l'arrière suite à une crevaison, Adrien Foueillassar me double à une vitesse double de la mienne; ce ne sera pas la dernière fois que jouera le privilège de ses 16 jeunes années. Dans le faux-plat roulant qui conduit au col de Menée (1402 m j'ai le temps de saisir l'image de quelques sympathiques gentianes acaules (les grosses bleues sans queue)). A la sortie du tunnel, on fait le point avant la longue descente vers Chatillon-en-Diois. On a roulé à peu près comme prévu; tout va bien!
Après le passage à Luc-en-Diois, quelques audacieux tenteront la traversée à gué du ruisseau grossi par les pluies de la veille mais la plupart éviteront soigneusement de se tremper les chaussettes en empruntant la passerelle piétonne. La montée très roulante du col de Prémol (964m) fournira un excellent exercice apéritif à ceux qui ne comptent pas trop se ménager ce jour-là. Au col la camionnette délivre le repas froid habituel : riz au thon, jambon, banane, pomme et/ou orange.
La longue descente sur la Motte-Chalancon (sans cédille, s'il vous plaît !) nous réunit au bistrot local pour le café... et les petits biscuits de madame Souchon (merci à elle!). On s'y trouve si bien qu'on en oublie -un peu- en repartant le petit nouveau Jean-Robert Bacou qui rejoindra, accompagné d'un serre-file, la troupe au pont de Rémuzat où un choix s'opère : une douzaine d'entre nous contournera l'obstacle du col de Soubeyrand (994m) et ira, par la vallée de l'Eygues, attendre les autres à Sainte-Jalle. En pleine digestion et après 130 kilomètres, les 500 mètres de dénivelé sous un beau soleil nous laissent tout le temps de réfléchir à l'humilité du statut de cyclotouriste; n'est-ce pas, Jean-Max, toi qui as beaucoup, hésité avant de te lancer dans cette grimpée? Mais c'est sans encombres que l'on bascule vers le vallon de l'Ennuye non sans un regard -et quelques photos aussi- au passage vers le village -très- haut perché du Poët-Sigillat
A Sainte-Jalle, nous ne serons que 3 à profiter de l'arrêt-boisson à la camionnette, stationnant devant le superbe porche roman de l'église, pour aller jeter un oeil à l'intérieur de cette massive construction à nef unique. Au sommet du col d'Ey (718m), dernier obstacle de la journée, il faudra beaucoup de patience à la plupart en attendant le dernier pour une arrivée groupire au camping de la Fontaine d'Annibal à Buis-les-Baronnies.
Ce n'est pas d'arriver à 18 heures, au terme de 170 kilomètres et après 6 cols qui empêchera 2 collectionneurs d'aller en chercher un septième, celui d'Os (440m), à 2 kilomètres après la supérette Coccinelle. Ils rentrent à l'abri juste avant l'averse de 19 heures pour l'un et en plein dessous pour l'autre
Après l'arrosage à la clairette de Die des anniversaires de Catherine Rouvière et François Petitjean, le repas froid laissera un peu pantois notre ami cyclosportif Jean-Robert qui réclame des pâtes (dans ce cas, se rattraper sur le pain...). Les tentes et autres bungalows du camping-pension de famille seront à la hauteur du besoin de repos de l'effectif.
Seconde étape: Mercredi 4 juin: Buis-les-Baronnies - Caderousse
Vers 7 heures 40, le -toujours aussi long- peloton s'ébranle le long de l'Ouvèze avant de prendre à gauche, la direction du col de Fontaube (635m). Une crevaison du vélo de Jean-François Francillon évitera le rattrapage trop prématuré de Pierre Bérard parti en avance de phase pour ne pas retarder ses petits camarades mais c'est pourtant lui qui sera le dernier à Sault où on se dévie un peu pour un casse-croûte devant la résidence secondaire de Gérard Magnin.
Le Mont Ventoux semble bien à l'abri dans son nuage et le vent est frais Les espécialistes décrètent qu'il y aura trop de vent au sommet et rien à voir: on pourra donc circuler en se contentant de monter au Chalet-Reynard (1418m) pendant qu'ils seront une douzaine à opter pour la solution de repli par les gorges de la Nesque, Bédoin et le col de la Madeleine pour rejoindre Malaucène, lieu du pique-nique. Pierre Bérard accepte de conduire la camionnette. Les 37 autres restent prudents dans les 20 kilomètres de pente moyenne qui doivent constituer le gros effort de la journée: Christian Azaïs se ménage en vue de l'après-midi et Delphine Coillle sent revenir ses douleurs lombaires. Un coup de clé et 5 millimètres de plus à sa hauteur de selle la soulageront suffisamment pour lui permettre d'atteindre sans trop de souffrances le Chalet-Reynard... où personne n'attend personne. On aperçoit par intermittence l'observatoire du sommet (1909m) et des maillots violet et vert qui s'égrènent dans la pente désolée des 6 derniers kilomètres d'ascension. Il ne reste plus qu'à faire comme tout le monde puisqu'il n'y a, paraît-il, que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis! après de longs efforts appliqués au son d'une trompette sommitale au timbre sergechabuelesque parfaitement identifiable, Delphine parvint au but dans un enthousiasme indescriptible. On apprend alors que Serge Chabuel a salué non seulement les arrivées des membres de notre troupe bulliste mais aussi, à la demande des familles attendant leurs champions, de toute une ribambelle de cyclos pour la plupart hollandais; beau capharnaüm en vérité sur ce sommet dépourvu de végétation et seulement équipé d'antennes et d'une boutique de souvenirs. C'en sera un grand- de souvenir- pour les 37 sur 50 qui l'auront vécu!
Après la descente sur Malaucène, on pique-nique sur la place entre 15 et 16 heures avant de prendre la D90 qui nous emmène dans les vignes le long des Dentelles de Montmirail par les (petits) cols de la Chaîne (472m) et de Suzette (392m), histoire de se mettre en appétit pour la dégustation à la cave de Beaumes-de-Venise où je découvre la version Ambré du célèbre muscat. A retenir...
Nous sommes malheureusement trop en retard pour nous arrêter à Châteuneuf-du-Pape et c'est vers 18 heures 30 que nous parvenons au Mas de l'Esquirou (squirrl en anglais, échirolles en vieux français et écureuil dans la langue de maintenant) à Caderousse près du Rhône au sud-ouest d'Orange après 150 kilomètres de bonne route. Nous apéritivons alors, à la hauteur de ce qu'elle mérite, la retraite de Roger Villien avant un solide repas (chaud et AVEC pâtes).
Troisième étape: Jeudi 5 juin: Caderousse - Florac
Le beau temps reste au rendez-vous comme prévu par Météo-France et c'est aussi vers 7 heures 40 que nous rejoignons les automobilistes qui longent le Rhône (pour aller travailler à Marcoule?). Après l'avoir traversé nous accumulons les villages aux noms charmants comme Laudun, Tresque, Cavillargues ou La Bruguière par exemple. Une crevaison plus tard, nous arrivons en vue d'Alès qu'il est question, d'après les saintes écritures de Jean-François Neyroud et Guy Souchon (merci à eux pour les affriolants parcours), de traverser par la nouvelle rocade nord. Ce sera la catastrophe: les derniers croisent au rond-point les spécialistes de l'erreur de parcours et après passage par la fameuse rocade, un pont-piéton -et un peu de sens de l'orientation- permettent aux derniers (une nouvelle crevaison!) de rattraper un peu de leur retard.
Tout le monde s'échappe après La Baume par la D172 où on n'arrivera pas à arrêter le groupe de tête avant Saint-Martin-de-Boubaux vers 14 heures. Le pique-nique aura lieu sur les marches du temple de ce village perdu parmi les châtaigniers dont on ne verra guère qu'un ou deux habitants en tout et pour tout. Les derniers repartent juste à l'arrivée de Pierre Bérard qui s'était encore plus perdu que d'autres dans la traversée d'Alès...
Nous rejoignons la crête des Cévennes au col de Pendédis (666m) avant celui de Serre Pradel (783m). Nous descendons alors pour franchir le Gardon de Mialet avant de remonter à Saint-Germain-de-Calberte puis au col de Malhausette (602m), au Plan de Fontmort (et son monument à la tolérance religieuse à 896m). C'est maintenant Guy Sauvebois, nouveau venu à cette rando, qui ferme la marche (à bicyclette) et, sous un ciel menaçant et quelques petites gouttes de pluie, nous bravons le vent froid qui se lève jusqu'au dernier regroupement au col du Rey (992m). Nous attendons alors Dominique Labbé-Lavigne qui était revenu en arrière, comme d'habitude, pour encourager Jérôme Alexandre jusqu'à ce que ses genoux meurtris par une déméniscation récente le contraignent au stage dans la camionnette. A 19 heures nous sommes tous au VVF de Florac avec nos amis angevins et parisiens, arrivés également au terme de 3 étapes sensiblement plus plates que les nôtres mais plus longues.
Après 160 kilomètres et plusieurs centaines de mètres de dénivelé de plus que prévu (les cartes Michelin au 200000ème ne nous disant pas tout, loin de là, dans le cas de relief aussi tourmenté que celui des Cévennes) nous sommes à pied d'oeuvre pour rayonner pendant 2 jours et demi entre calcaire, schistes et granit.
Sur place: Vendredi 6 juin: 2 demi-journées entre Mont Lozére et Mont Aigoual
L'effectif se partage entre ceux qui veulent récupérer en dormant un peu plus longtemps que les 3 jours précédents et/ou visiter Florac et les non-rassasiés qui profitent de l'absence de pluie pour se répartir en 3 groupes: les petits et grands parcours sur le versant occidental du Mont Lozère et la vallée du Tarn jusqu'au Pont-de-Montvert. Les veinards qui montent directement par Ruas ont droit au raidillon après Rünes, d'autres poussent jusqu'à La Brousse et les rejoignent vers La Vayssière. Certains, partis pour la vallée en aller-retour, se retrouvent à tenter de monter au même endroit par Racoules. Après s'être bien échauffés en montant jusqu'à 1246 mètres tous rencontrent le fort vent froid qui balaie le plateau et les pousse dans la descente vers le col de Montmirat (1046m). Que la vie devait être dure autrefois dans ces parages!
Au bilan, de 52 à 68 kilomètres selon le cas entre 8 heures 30 et midi
Après un aussi bon repas que la veille au soir, préparé par l'équipe du restaurant Le camisard de Florac, bon nombre se laisse tenter par la perspective d'approcher voire atteindre le Mont Aigoual. Après voir remonté le Tarnon bien à l'abri du vent petit arrêt devant la stèle de Roger Rivière, qui chuta lourdement lors du Tour de France 1960, engendrant sa mort prématurée en 1976, la problématique redevient la même: au débouché entre les Cévennes et le Causse Méjean, au col de Perjuret (1031m) le vent reprend la direction des opérations : certains vont jusqu'à Cabrillac après le col de Fourques (1040m), d'autres poussent jusqu'à l'observatoire du Mont Aigoual (1567m). ; et tous rentrent par la magnifique descente, parmi les genêts, des gorges du Tapoul.
Au menu, 64 ou 77 kilomètres pour se préparer à l'apéritif-maison, du kir à la fleur de sureau ou à la châtaigne, avant le poulet au gratin de pommes de terre...
Sur place: Samedi 7 juin: le Causse Méjean pour aller au pique-nique de Saint-Chély-du-Tarn
Depuis 2 jours on avait tout le loisir d'admirer, depuis le VVF, la montée vers le plateau juste au dessus de la ville de Florac. Aujourd'hui il s'agit de s'y hisser aussi calmement que possible et, là presque tout le monde a répondu présent. Au col de Pierre Plate (1015m) on photographie l'inévitable dolmen qui justifie son nom et on se laisse glisser sur le Causse qui descend en pente douce vers l'ouest.
Au niveau de l'aérodrome, au beau milieu de ce plateau, le groupe emmené par Claude Sionneau, responsable des beaux parcours de ce week-end, prend à gauche histoire d'apercevoir les chevaux de Przewalski, dernier cheval sauvage et descendant des chevaux préhistoriques, élevés ici avant leur réintroduction dans leur Mongolie natale. Et après avoir bien cheminé -un peu désespérément- sous les assauts de la bise (faut-il dire la burle?), on en découvre 2 à Hures.
On reprend la traversée du plateau jusqu'au col de Rieisse (920m) d'où l'on atteint rapidement le belvédère (payant!) du Roc des Hourtous (les jardinets en langue d'oc); ça vaut largement son Euro, la plongée sur les Détroits où coule le Tarn.
On revient en arrière pour dégringoler sur La Malène par une petite route où on est tenté de photographier les étages inférieurs à chaque virage en épingle. Après avoir laissé le château de La Caze à ses -très- riches clients (c'est un hôtel-restaurant) et admiré le Cirque de Pougnadoires, on atteint vers 13 heures Saint Chély-du-Tarn où Yves et Geneviève nous servent le goûteux taboulé de Djamal.
Les derniers qui arrivent croisent les premiers qui repartent. Ceux qui s'arrêtent trop longtemps sont vite saisis par le froid et rentreront par la vallée du Tarn. Les premiers et les plus aguerris remonteront sur le plateau par le col de Coperlac (900m) où ils pourront constater que le vent a bien faibli et, ce sera un plaisir de traverser le Causse à angle droit du trajet matinal jusqu'à redescendre sur les gorges de la Jonte pour les plus ambitieux ou à rester sur la crête jusqu'au niveau du col de Perjuret par Costeguison et Aures pour d'autres.
Et pour un chasseur de cols en pleine forme après 6 jours d'entraînement, une escapade depuis Rancoules vers les cols de Solpérière (1010m) et des Faisses (1026m) avec retour au VVF à 18 heures 40 pour la dégustation du Côteau du Layon apporté par les collègues angevins. De 115 à 150 kilomètres au compteur suivant l'appétit (et les forces restantes).
Sur place: Dimanche 8 juin: décrassage de fin de séjour.
Pendant que certains vont flâner dans Florac et que d'autres se reposent au fond de leurs lits, quelques rescapés se lancent dans la montée au col du Rey (992m) pour faire un bout de la Corniche des Cévennes par les cols des Faisses (1026m) et de Solpérière (1010m) jusqu'au Pompidou (772m) d'où ils descendront traverser le ruisseau avant de remonter à Barre-des-Cévennes et de boucler, par le col du Rey, les 52 kilomètres de ce matin-là.
Le retraité qui n'avait pas étudié les parcours sur le site internet de la rando Bull et fait ces cols-là la veille est obligé d'improviser par le col de l'Houmenet avec retour comme les autres par le col du Rey: à part un convoi de 4x4, un groupe compact de motards et des moutons enrubannés parce qu'en transhumance il n'a pas rencontré grand monde sur cet itinéraire perdu.
On a encore le temps d'encourager notre cuisinier à touiller l'aligot pour 100 personnes avant de le déguster dans la bonne humeur de cette fin d'un séjour encore une fois réussi.
Vers 14 heures nous chargeons les vélos dans la remorque du car grenoblois venu nous chercher et peu avant 20 heures il nous dépose à Echirolles.
Ainsi finit l'épisode 2008 et en route pour la version de l'année prochaine dans le Forez...