La Randonnée Bull 2016 est terminée. Consultation d'un CR rapide avec quelques photos, c'est par ici et le revue de presse est consultable sur cette page...
La première étape: Mercredi 1er Juin 2005: Echirolles- La Roche sur Grane (162 km)...
Mercredi 1er juin 2005, vers 6 heures 15 et après de longs mois de préparations des itinéraires et des hébergements, d'entraînements des organismes pédaleurs et de révisions du matériel pédalant, nous étions 47 enfin prêts pour le départ en direction de La Roche sur Grane (dans la Drôme au sud de Crest) à travers le plateau du Vercors.
Comme tous les plateaux, il fallait d'abord y monter, ce que nous fîmes grâce aux 15 kilomètres de la montée de St Nizier par une douce petite température et sans trop de circulation automobile (sauf à l'heure de pointe vers 7 heures 30). Vers 8 heures 10 les derniers, qui s'étaient sagement regroupés dans la montée, pouvaient partager avec les autres le premier casse-croûte apporté par nos camionnetteuses préférées : Delphine et Isabelle.
En légère descente jusqu'à Lans, puis à flanc par la petite route des Françons (ne pas oublier la cédille !) notre route frôla Villard (de Lans) avant de se précipiter dans les gorges froides de la Bourne jusqu'au pont de la Goule Noire (résurgence - noircie par des algues ? - des eaux descendant du "trou qui souffle", près de Méaudre). Le regroupement permit le retour de Gilles Gavet retardé par une crevaison.
A l'ombre des faux-plats (montants) nous parvînmes tranquillement au deuxième casse-dalle de St Julien où nous abandonnèrent P.Y. Gibello et Daniel Rey (qui avaient eu la gentillesse de nous accompagner jusque là malgré l'impossibilité pour eux de participer aux 6 journées de cette randonnée).
Après la descente jusqu'aux Barraques-en-Vercors, nous laissâmes quelques instants nos montures pour visiter la pénombre fraîche des Grands Goulets. Séquence sensations ! (surtout quand on songe qu'un tunnel y sera bientôt créé et que cette route sera fermée jusqu'en Mars 2008...
Après le passage à La Chapelle-en-Vercors, le peloton s'égrena, à partir de la Cime du Mas dans les 5 kilomètres du col de Carri.
Le vent nous sauva alors des risques de canicule mais pas de refroidissement dans la forêt de Lente. Heureusement qu'après les - petits - cols de Taillebourse ( effectivement désert et donc propre aux attaques de bandits de grand chemin ?) et de Portette nous dûmes monter celui du Pas de Logue, ce qui fut la meilleure façon de se réchauffer avant le pique-nique de midi (pris vers 13 heures évidemment).
Le redécollage à travers la forêt sauvage avec ses belvédères vertigineux sur la combe de Bouvante et le Royans fut un peu délicat, la fatigue commençant à jouer son rôle, surtout pour les moins entraînés. Le passage (en descente) devant le monument au maquis d'Ambel - premier de France en 1942 - laissa la place aux espaces grand ouverts du col de la Bataille, route perchée sur une arête entre 2 dégringolades de 600 à 700 mètres: vers Omblèze et la combe de la Gervanne, au sud et Bouvante et sa combe déjà citée, au nord. Tout ce que nous avait caché le brouillard lors de notre retour de Die en 2001. Nous n'étions alors qu'une vingtaine à rater d'aussi jolies perspectives mais nous fûmes une cinquantaine à profiter cette fois-ci d' un des plus beaux parcours des Alpes.
Après la descente sur Léoncel, nous eûmes un petit souvenir pour l'averse de grêle qui nous surprit là, toujours en 2001 et nous laissâmes l'église romane dans son havre de calme pour gagner, par La Vacherie le col des Limouches, bien facile par ce côté. Après une dernière collation autour de la camionnette, nous navigâmes plein sud le long de la sangle qui mène par le Pas du Margeat, le Pas de Frécou et le col de Cavalli, en pente douce vers la vallée de la Drôme et ses paysages lumineux. Un réel enchantement avec le soleil allongeantles ombres du relief !
A Aouste-sur-Sye (encore une retombée d'Octave, césar successeur de Jules qui inventa le titre politico-religieux d'Auguste qu'il affubla à tous les Aoste des contrées gauloises vers lesquelles il conforta l'Empire romain), nous retrouvâmes, sous la conduite du Szkud (alias Jean-Claude), la civilisation et ses moteurs de voiture jusqu'au pied de la tour de Crest avant d'aller se partager, plus au calme, dans les 2 gîtes de La Roche-sur-Grane et Divajeu, distants d'une dizaine de kilomètres, pour la douche (vers 18 heures) et de se retrouver au deuxième de ces gîtes grâce à la chauffeuse de car local et à son véhicule pour le repas du soir (vers 20 heures).
Après 162 kilomètres et 3100 mètres de dénivelé au compteur (pour 2500 annoncés sur la carte) en 11 heures 40 de route la récompense fut à la hauteur de l'effort : le choix fût si délicat entre le vin de pêche, la liqueur à la graine de chicorée et aux écorces d'orange amère et le pastis que la plupart en goûtèrent au moins deux. La charcuterie-maison, une galantine que notre hôte appelle murçon, laissait la place à de la pintade aux petits pois (avec des pâtes en prime) et du clafoutis aux cerises. Un régal !
La deuxième étape: Jeudi 2 juin : La Roche sur Grane-Casteljau (146 km)...
Vers 8 heures 30 les 2 groupes se rejoignirent au col du Devès avant de filer, par le col de Tartaiguille sur la plaine du Roubion, aux marges de Montélimar. Après Marsanne et Sauzet nous passâmes par dessus l'autoroute, franchîmes la N7 à l'Homme-d'Armes et le Rhône au pont de Rochemaure après avoir un peu hésité devant les routes interdites pour cause de travaux. Un petit tour de 3 kilomètres sur la N86 plus tard nous retrouvions nos petites routes départementales préférées. Au casse-croûte de St Martin-le-Supérieur il ne nous restait qu'à admirer, d'en dessous, la couche d' une centaine de mètres de lave (noire) qui avaient coulé, il y a fort longtemps d'après ce qu'on m'a dit, par dessus les couches (claires) du fond de la mer et qui fait l'originalité du plateau du Coiron. Sachant qu'on est mieux en altitude (700-800 mètres) nous le parcourûmes dans ses grandes longueurs par le col de Fontenelle, celui du Benas et, enfin le Coulet de la Soulière juste avant de pique-niquer sous les arbres, au bout de la Crête de Blandine à 3 kilomètres du col de l'Escrinet.
Dans la descente nos gentils organisateurs nous emmenèrent visiter le (charmant) village de St Laurent-du-Coiron d'où l'on put admirer la vallée de l'Ardèche entre Aubenas et Vallon-Pont d'Arc. Pour éviter l'agglomération conjointe d'Aubenas et Vals nous remontâmes l'Ardèche par la rive gauche de St Privat à Lavelade: plus tranquille et à l'ombre que ne l'avait imaginé le traceur de parcours.
Après regroupement au pont de Lavelade les plus fatigués se révoltèrent timidement contre le sus-nommé dans la montée au col des Farges (et ses 230 mètres de dénivelé). Après un dernier ravito - surtout en liquide - le gros de la troupe emprunta la D223 pour descendre sur la plaine vers Largentière puis Joyeuse avant de s'attaquer à la dernière difficulté de cette deuxième journée, le grand lacet au soleil qui permet de monter 100 mètres plus haut vers le VVF de Casteljau perché au dessus des gorges du Chassezac. A 17 heures 15 le dernier était rentré au bercail après 146 kilomètres et 1400 mètres (sur la carte).
Confortablement logés, douchés et piscinés il ne nous restait plus qu'à savourer la cuisine familiale et villageoise. Nous savions que la centralisation parisienne des VVF ne nous permettrait pas d'avoir un repas adapté à notre pratique sportive (crudités et sucres lents plutôt rares) mais nous découvrîmes en prime la formation hautement efficace du gestionnaire: un plateau de fromages (avec un "s") peut très bien se composer, le jeudi d'emmenthal, au singulier, (ça ressemble un peu à du fromage), le vendredi de camembert (allemand ?) et le samedi de fourme (bien amère et bien salée comme elle l'est rarement). Quant aux vins (rouge et rosé) ils virent leur niveau baisser un peu le premier soir mais très peu le dernier ; ce n'est pourtant pas la soif qui nous faisait le plus défaut !
Le plaisir était surtout dans les retrouvailles avec les collègues angevins et parisiens arrivés également à vélo en 4 étapes de 218, 200, 150 et 155 kilomètres. Bravo les cyclos !
La troisième étape: Vendredi 2 juin (matin): Labeaume et le défilé de Ruoms (56 km ou moins) ou canoë...
Ceux qui se réservaient pour le parcours de l'après-midi dans les gorges de l'Ardèche ou qui en avaient tout simplement marre du vélo choisissaient le canoë dans les gorges du Chassezac. D'après leur compte-rendu ça semble merveilleux de retrouver les joies de la maternelle quand on peut foutre à l'eau son meilleur copain ou l'arroser copieusement d'eau fraîche !
Les cyclo-acharnés eux se dirigèrent par Pontier et Joyeuse vers le plateau (encore un ?) de Chapias où notre guide suprême Guy Pachoud nous incita à monter dans la tour supportant la statue de la Vierge pour admirer le paysage alentour: l' entrée des gorges de l'Ardèche et le rocher de Sampzon, le Coiron, le Tanargue et les Cévennes, rien que ça ! Ensuite ce fut le nez par dessus le guidon que nous descendîmes sur Labeaume, village de pierre au pied des falaises tombant dans la rivière du même nom à côté d'une grotte (baumo en provençal, balme ou baume en franco-provençal). Le triomphe des peintres paysagistes installés les pieds dans l'eau face à cette merveille de village. Merci à Guy Pachoud et Jérôme Alexandre pour avoir suggéré ce parcours !
Après avoir bien flâné il nous fallut renoncer au parcours prévu pour rentrer à temps pour le déjeuner: nous allâmes visiter en aller-retour le défilé de Ruoms puis la ville elle-même enfermée dans son enceinte carrée autour de son église romane. Après le retour par Chandolas nous dégustâmes notre repas dépourvu de fromage (pas à midi, ça économise 0,004 % des frais de matière).
Vendredi 2 juin (après-midi): les gorges de l' Ardèche (de 64 à 90 km)...
Toute la bande se retrouva vers 14 heures pour rouler en pelotons échelonnés le long du Chassezac puis de l'Ardèche jusqu'à Vallon-Pont d'Arc. Malgré la petite (mais sévère) côte pour éviter la D 579 on se regroupait autour de la fontaine avant d'effectuer la partie basse des gorges jusqu'à l'arc en question. Après il fallait choisir entre la montée sur la Haute Corniche, 200 mètres plus haut, au Serre du Tourre ou le retour par la même route jusqu'au pont de Salavas. Les costauds se ruaient déjà dans la côte pour boucler par St Remèze leur boucle en "huit" autour de Vallon. Après discussion le reste se partageait entre ceux qui voulaient monter en aller-retour au Serre de Tourre, ceux qui voulaient rentrer par le col de la Serre (une serre en paysage calcaire du sud c'est une crête étroite et allongée, une sierra en quelque sorte !) et ceux qui voulaient prendre un pot à Vallon avant de rentrer par la route (plate) de l'aller.
De problème de dérailleur en pot à l'ombre des pins, notre groupe roula cahin-caha jusqu'au pied du col où il fut rattrapé par les rapides en pleine bourre. Les pentes un peu surprenantes de ce col(let ?) nous égratigna un peu le moral mais vers 18 heures 45 nous pûmes nous doucher avant l'apéritif offert par le VVF. Vers 20 heures 15, à table, nous applaudîmes, comme il le méritait, l'arrivée de Pierre Bérard, sexagénaire patient et courageux, de retour du Serre de Tourre.
Samedi 3 juin (matin) : vers le pique-nique au barrage de Villefort (40 ou 60 km)...
Une fois de plus tout l'effectif (ou presque) traversait le Chassezac à Mazet-plage pour aller traverser le bois de Païolive: rochers (découpés par l'acide carbonique des eaux de pluie) aux formes étranges à l'ombre des chênes rouvres. Aux Vans ceux qui avaient choisi le grand parcours attaquèrent les 1000 mètres de dénivelé qui devaient les mener à Montselgues par le collet, près de Peyre. Quant à moi, je laissai partir dans cette direction les 2 attardés sur crevaison au départ pour me contenter du petit parcours par les 16 kilomètres de route peinarde serpentant le long du Chassezac en direction de Pied-de-Borne: un régal cyclotouristique !
Dans la (légère) montée sur Villefort je fus rejoint par un groupe que Jérôme Alexandre avait détourné du droit chemin pour lui faire visiter l'église de St Martin-Lafigère. A l'entrée de Villefort nous prîmes, vers 11 heures 30 la route du lac et hésitâmes au barrage sur le lieu du pique-nique malgré les pancartes Bull judicieusement posées par nos amis Yves et Geneviève, du ministère angevin de l'Intendance. Finalement, après avoir appris qu'un autre groupe avait traversé Villefort, je pris mon sachet repas et allait le consommer sur le parapet du pont, à l'entrée de Villefort pour y faire la circulation avant que Jérôme ait la bonne idée de me remplacer - avantageusement - par une pancarte.
De retour au bord du lac j'assistai aux arrivées successives des groupes du grand parcours ravis des paysages de la corniche du Vivarais cévenol (ça s'appelle comme ça dans le guide Michelin) et un peu surpris par la (très) mauvaise qualité de la route dans la descente sur le Borne (voire par le dénivelé que certain avait oublié de remarquer avant le départ !). Faudrait que j'aille y faire un tour, un jour ou l'autre ? Nous fûmes également rassurés par les nouvelles de Christiane, notre collègue angevine qui avait chuté sur l'épaule et se l'était douloureusement déboîtée avant qu'un remboîtement spontané au relevage ne fasse rentrer les choses dans l'ordre. Ouf !
Les 2 derniers du grand parcours arrivaient vers 14 heures, enchantés de leur escapade sur les hauteurs.
Samedi 4 juin (après-midi): les Cévennes et le Mont Lozère (de 35 à 82 km)...
Dès Villefort, le grand parcours de l' après-midi permit aux plus sportifs de monter les 900 mètres dans les châtaigniers en direction du Mas-de-la-Barque. Au col du Pré de la Dame il traversait un chaos d'énormes blocs granitiques et dans la descente on pouvait apercevoir les toits de tuile de Génolhac, 800 mètres en contrebas. Tous les autres parcours montaient le collet de Villefort avant de se séparer en étoile par le col du Mas de l'Ayre, la D51 qui suivait la Cèze ou la D904 en descente vers Génolhac.
Personnellement j'accompagnai une douzaine de collectionneurs de cols sur ce dernier itinéraire: 8 cols dans l'après-midi (mais dont 3 en descente et 200 mètres de dénivelé pour le plus élevé). Après celui de Valoussière, la route en corniche dans les châtaigniers au dessus de la vallée de Chamborigaud nous réserva de magnifiques perspectives éclairées par les explications pertinentes sur le viaduc du Chambon que nous fournit un jeune autochtone dont la moto portait un autocollant des "mineurs des Cévennes".
Après nous être désaltérés au puits en pierre de Tarabias nous rejoignîmes les 3 autres parcours entre Bessèges et Bordezac pour rentrer par la très peinarde route du bois des Bartres où les panneaux ne signalaient plus guère que les réservoirs d'eau de la Défense Civile contre les Incendies. Cette fois-ci c'étaient les pins qui dominaient dans la forêt. Au panneau "Pigère" nous prîmes la direction du Mazel: un sévère raidillon nous emmena jusqu'à ce village isolé et le jeu de piste continua pour trouver le gros bourg de Banne sur la place duquel nous croisâmes 3 autres bullistes; qui donc étaientt dans le mauvais sens ?
Après une nouvelle traversée du bois de Païolive nous rentrâmes vers 18 heures au VVF. Par petits groupes se terminait cette belle journée de plein air, de montagne et de rivières. On attendit que tout le monde soit là pour mettre en route vers 19 heures la dégustation du "Côteaux du Layon" de nos amis angevins. Après le repas et avant l'animation du samedi soir, Catherine Rouvière et François Petitjean profitèrent de leur anniversaire pour nous faire goûter, entre autres, la liqueur du Coiron ; vous aviez remarqué, vous, les gentianes, en passant. Hé bien dans la bouteille elles étaient très bonnes parmi les autres herbes aromatiques de là-haut !
Dimanche 5 juin (matin): Le Pas à Brès...
Après les folies de la veille au soir (et avant le long trajet de l'après-midi pour les Echirollois) nous n'étions plus qu'une treizaine à nous décrasser les cuisses et les mollets sur les coteaux sous Paysac puis en crête vers le village perché de Brès. D'autres préféraient la piscine ou l'aller-retour aux Vans, histoire de vérifier dans l'Equipe que les rygbymen de Bourgoin avaient bien gagné leur match de la veille. En corniche dans les châtaigniers (encore eux !) nous gagnâmes Planzolles avant de basculer sur Lablachère et les petites routes vers Pontier et le pied de la dernière longue côte qui passe devant la stèle (en occitan ?) 2 ou 3 kilomètres avant le VVF.
Il nous restait une bonne heure pour charger la camionnette et réparer les derniers dérailleurs fatigués avant le dernier repas au VVF.
Dimanche 5 juin (après-midi): Casteljau-La Roche sur Grane (105 km)...
Vu la longueur de l'étape nous respectâmes l'horaire prévu (départ à 13 heures). Contrairement aux 2 jours précédents où le choix entre plusieurs parcours était possible et l'heure de retour à l'hébergement pouvait rester aléatoire, il fallait être arrivé avant 20 heures et donc rouler "groupés" autour des derniers.
Ce qui fut fait jusqu'à Vallon-Pont d'Arc par les petites routes déjà parcourues le vendredi après-midi: en 5 ou 6 groupes espacés de quelques dizaines de mètres pour que les (rares) voitures puissent faire des manoeuvres de dépassement en toute sécurité pour tout le monde, automobilistes et cyclos.
Après Vallon il fallait monter sur le plateau des Gras et là chacun pouvait rouler "à son rythme", la faible vitesse rendant inopérante la protection contre la prise au vent. Après un arrêt-boisson-regroupement à la camionnette avant St Remèze, on traversait le plateau face à un fort vent du nord: les petits regroupements redevenaient précieux pour les moins sportifs.
Après un nouveau regroupement vers l'église romane de Larnas, on dégringolait la gorge de la Ste Baume (et oui une "baume" pourvue (autrefois) d'un ermite retiré dans ce "Val chaud", en plein soleil dans la falaise). Au village restauré de St Montan nous étions au niveau du Rhône et après quelques kilomètres sur la N86 on pouvait suivre les conseils du régional de l'étape, Christian Azaïs et modifier l' itinérire en prenant une petite route le long du fleuve pour le remonter du pont de Donzère jusqu'à celui de Viviers.
D'un village à l'autre après Châteauneuf-du-Rhône, dans la plaine du Roubion, on remontait face au mistral en ramenant sans arrêt les lâchés au sein de petits groupes. Pendant 2 heures on s'acharna avec constance et obstination : au bout, c'est-à-dire à Roynac, ce fut la récompense. Il ne restait qu'à monter tranquillement, c'est-à-dire chacun à son rythme, le col du Devès pour revenir dans les 2 gîtes du mercredi soir, vers 19 heures 10 pour les plus fatigués, largement à temps pour prendre la douche avant de se regrouper, en car, à la ferme de Ranchy de Divajeu.
Nos hôtes nous expliquèrent qu'ils avaient opté pour la ferme-auberge (7 ou 8 dans la Drôme, seulement) et qu'ils garantissaient donc que plus de la moitié des aliments fournis provenaient de leur exploitation agricole: à savoir, par exemple et ce soir-là, de la gelée de dindon et de la caillette-maison en entrée, du sauté de porc à la provençale avec des pâtes (pas maison celles-là nous confièrent-ils) à plus que profusion et, au dessert, du nougat glacé délicieux. Sans parler des très honnêtes petits vins et des apéritifs déjà mentionnés à l'aller. Je n'hésiterai pas à recommander cette auberge aux groupes cherchant un accueil de cette qualité !
Lundi 6 juin : La Roche sur Grane-Echirolles par le col de Rousset (157 km)...
Nous nous regroupâmes un peu après 8 heures sur la route de Crest pour remonter le long de la Drôme en empruntant au minimum la D93 et arrivâmes sans encombre vers 10 heures 30 devant la coopérative de Die (et ses réserves de Clairette). Nous avions alors une paire d'heures devant nous pour franchir les 20 kilomètres qui permettent d'accéder au tunnel du Rousset: des faux-plats vers Chamaloc et des passages un peu plus montants ensuite mais rien de bien pentu. Par contre, et à ma grande surprise puisque nous roulions sur une face sud normalement protégée du vent du nord, des rafales nous assaillaient dans certains lacets pour cesser brutalement dans d'autres: chaud et froid garantis en quelque sorte ! Peut-être des tourbillons dans ce cirque de montagnes ?
A la sortie du tunnel, nous profitâmes des chaises de la petite station du col pour prendre notre déjeuner au soleil et à l'abri du vent. Bien qu'averti de ce lieu probable de pique-nique, le dernier arrivé rata le rendez-vous et nous convînmes par téléphone portable de le rejoindre pour le café à St Agnan en Vercors. Nous prîmes tout notre temps pour déguster ce réconfortant nectar avant de longer la Vernaison, charmant ruisseau qui se promène plein nord avant de creuser les Grands Goulets (et les Petits aussi, d'ailleurs, plus bas, vers Ste Eulalie-en-Royans)..
Dans la remontée vers St Julien, au carrefour de La Gratte, la grande majorité choisit de grimper par le col d'Herbouilly (600 mètres à monter): à croire qu'au sixième jour la forme commençait à venir sérieusement ! Après les premiers kilomètres particulièrement sévères on accéda à de belles virées dans la "plaine" d'Herbouilly, un endroit sauvage à souhait: l'hiver quand on y croise, à skis de fond, des traîneaux à chiens on se croirait dans le Grand Nord !
Après le regroupement à la sortie des gorges de la Bourne, au pied du Villard-de-Lans, on prit encore une fois soin des moins costauds jusqu'à Lans puis St Nizier. Certains s' éclatèrent - au sens figuré seulement - dans la descente sur Seyssins et, peu après 19 heures, tout le monde récupérait, sur le parking de Bull ses sacs de voyage et chacun pouvait, enfin, ramener chez soi son linge sale !
La rando 2005 est morte, vive la rando 2006, en 4 jours vers le Périgord !