La Randonnée Bull 2016 est terminée. Consultation d'un CR rapide avec quelques photos, c'est par ici et le revue de presse est consultable sur cette page...
L'affiche officielle de la huitième randonnée Bull
Quelques photos souvenir
L'équipe des Grenoblois au départ d'Echirolles.
Raffraîchissement.
Le compte-rendu de Pierre-André Sonzogno
Dans notre grande série "On a pensé que c'était possible mais on l'a fait quand même", ce fut la rando Bull 2000. On l'avait voulu exceptionnelle puisqu'un changement de millénaire ça n'arrive pas tous les jours (comme on ne le dit pas si souvent que ça). Finalement il y avait 880 kilomètres pour aller d'Echirolles à Noirmoutier et 31 d'entre nous ont effectué entièrement le trajet en vélo.
Lundi 12 mai: 191 km entre 6 heures 30 et 18 heures, du Grésivaudan au Beaujolais.
Mais revenons au commencement, c'est-à-dire le lundi de Pentecôte à 6 heures. Pas de panne de réveil, tout le monde est là, y compris Jean-Max Reymond ,de St Laurent du Var qui est "monté" de Cagnes sur mer en vélo les 2 jours précédents. Avec peu ou beaucoup d'entraînement, un vélo de luxe ou un biclou très ordinaire mais en tout cas un minimum de bonne humeur et surtout une énorme envie d'aller à Noirmoutier en vélo. Le fond de l'air est doux et la couverture nuageuse nous protégera des rayons du soleil. Il fait beau comme tout au long des 7 jours de la randonnée.
Après la piste cyclable qui nous emmène jusqu'au tournant du Vercors, où nous attend Francis Tassa, venu de Voreppe, nous n'avons pas trop de mal à gagner Moirans malgré les routes barrées par des travaux et ce, grâce aux 2 d'entre nous qui sont aussi membres du cyclo-club local.
Une fois avalé le premier casse-croûte sur la place nous attaquons la côte de Charnècles. Puis nous rejoignons Charavine où la camionnette nous restaure une deuxième fois. Quelques réglages d'une sacoche mal fixée et nous longeons le lac de Paladru.
La descente sur les Abrets par la Nationale 75 s'effectue sans problème à cette heure-là. Par contre il y a beaucoup de voitures pour nous accompagner jusqu'au pont de Cordon sur le Rhône.
Nous avons récupéré au passage Bernard C. pré-retraité qui ne compte rouler que sur la moitié des étapes et Manu Blondeel qui est venu de Barraux par le col de Cou (pléonasme ?). Nous sommes maintenant au complet pour poser devant la cascade de Glandieu avant de longer le Rhône pendant 40 kilomètres par la D19. Nous pouvons commencer à nous organiser en petits groupes pour offrir aux moins costauds un abri contre le vent de face.
Le repas de midi se prend vers Serrières-de-Briord et le café à Lagnieu. Après la côte de Gévrieux nous entrons dans la Dombes (sic). A Chalamont nous nous mélangeons un peu avec la course cycliste locale puis nous bataillons contre le vent de côté jusqu'à Montmerle sur Saône où nous traversons la Saône.
Mal renseignés, nous montons jusqu'au village de St Etienne-le-Varenne, au demeurant fort joli, pour redescendre au château des Tours, notre premier gîte. C'est un hébergement pour vendangeurs des côtes de Brouilly où les derniers arrivent vers 18 heures.
Au soleil déclinant sur le magnifique vignoble, nous prenons l'apéritif au pied des tours du XIIIème et en profitons pour fêter son anniversaire à notre gentil organisateur Guy Pachoud. Le boeuf bourguignon aux tagliatelles ne laisse personne indifférent et la plupart apprécie le cru local. Avant de nous coucher, nous remontons arpenter les ruelles du village perché.
Mardi 13 juin: 156 kilomètres entre 7 heures 50 et 18 heures 50.
Après un copieux petit déjeuner, le chargement des véhicules, un peu de ménage du gîte et la traditionnelle photo de groupe, nous décollons par le col de Brouilly. Après Beaujeu nous sommes rattrapés par tous les camions qui étaient restés tapis pendant les 3 jours du week-end de Pentecôte. Nous montons pratiquement dans les embouteillages jusqu'aux Echarmeaux où nous attend le premier en-cas de cette journée la plus courte mais la plus montagneuse du voyage.
La circulation est plus calme ensuite vers le carrefour des 4 Vents mais une crevaison retardera le "gruppetto" (groupe des derniers). Après la descente, nous nous regroupons à Charlieu: nous avons le temps de faire du tourisme dans cette ville, le repas ayant été prévu un peu tôt sur l'itinéraire. Nous traversons la Loire à Pouilly-sous-Charlieu et admirons l'abbaye de la Bénisson-Dieu (re-sic!) avant de nous arrêter au Lion d'or à Noailly: l'omelette est excellente et le rab aura le succès qu'il méritait.
Dix kilomètres de plat ne suffiront pas à tous pour digérer et la montée à la Croix-du-sud sera un peu pénible pour certains. Ils se rattraperont dans la descente sur le bassin de l'Allier.
Le dernier casse-croûte est servi à Cusset, à l'entrée de Vichy, en cette fin d'après-midi où la chaleur commence à se faire sentir. Malgré un peu trop de circulation, en ressortant de cette ville, nous atteignons, pas trop fatigués, la Maison du Folklore de Gannat qui fait aussi office d'auberge de jeunesse. La truffade (pommes de terre cuites lentement dans le fromage local, assaisonnées de charcuterie traditionnelle) est bien accueillie dans la salle voûtée par la tribu hétéroclite mais néanmoins affamée que nous sommes devenus au terme de cette étape de (moyenne) montagne.
Mercredi 14 juin: 205 kilomètres entre 6 heures 50 et 18 heures 50.
Tout le monde était prévenu depuis des mois: la troisième journée serait la plus longue, en distance et en temps. La longueur totale importante du parcours et la difficulté de trouver des hébergements pour 40 personnes ne nous avaient laissé que peu de choix. Les solutions: rouler le plus souvent possible en groupe, se servir de la voiture pour ramener ceux qui seraient retardés par des incidents mécaniques, des casse-croûte plus courts et pas de café en début d'après-midi, ni, évidemment, de repas de midi au restaurant.
La matinée, agrémentée de nombreuses côtes, se déroulera dès le début sous un franc soleil qui ne nous quittera plus jusqu'au dernier kilomètre du dimanche. Premier arrêt-bouffe à la Bosse (720 mètres). On se regroupe pour traverser Commentry et Montluçon, dernières villes de la journée jusqu'à Argenton sur Creuse. Dans un dédale de petites routes (les départementales blanches de Michelin) on atteint St Marien où on casse la croûte de midi à l'ombre devant l'église. On se rend alors compte qu'il en manque une douzaine à l'appel (?). Par chance ce groupe de perdus nous rejoint avant la fin du mini-repas. Au moment de repartir, on s'aperçoit que Marc Souquet n'est pas là non plus. Heureusement il a emporté les numéros des téléphones portables et on peut le localiser assez vite et la voiture ira le sortir de son égarement. La route se met enfin à descendre vers la Creuse que nous longeons avant de la traverser à St Gaultier.
La fin du parcours à travers le Parc Régional de la Brenne et ses étangs se fera à bonne allure parfois même à trop bonne allure pour certains, peu entraînés qui, à force de suivre des groupes qui doublent mettront de longues minutes, allongés sur leur lit, pour se remettre de cette très grande journée finalement correctement gérée malgré les difficultés.
Le gîte de la Maison Blanche à Douadic nous est confié par la directrice qui s'en va avant 20 heures et nous prenons tout notre temps pour déguster l'apéritif, décerner quelques récompenses à ceux (et surtout celles) qui les ont bien méritées et nous rassasier de pâté berrichon, de sauté de volaille et des fraises du jardin (le gîte est associé à un C.A.T. (Centre d'Aide par le Travail) qui gère la ferme voisine). Et enfin le repos réparateur...
Jeudi 15 juin: 185 kilomètres de 7 heures 50 à 19 heures 25.
Beaucoup de kilomètres au programme mais déjà moins de côtes que le matin précédent: nous commençons carrément par de petites routes de campagne pour retraverser la Creuse à Fontgombault où nous prenons le temps de nous dérouter pour jeter un il sur l'abbaye. Ensuite nous progressons à allure régulière vers Châtellerault et son pont sur la Vienne.
Malheureusement les 30 kilomètres de lignes droites qui suivent seront assez encombrées en cette fin de matinée. A Mirebeau, au restaurant, nous attendent une quiche lorraine, une cuisse de canard au Chinon, fromage et tartelette.
Le redémarrage en pleine canicule est un peu épique et c'est plutôt par un lent cheminement par des routes de plus en plus désertes que s'effectue le reste du trajet par Clessé, l'Aosie et la Châtaigneraie.
Les derniers en terminent assez tard mais, après 2 étapes aussi longues il n'y a pas lieu d'en faire un drame.
Au gîte Vendée, vacances vertes de la Caillère nous sommes accueillis dans une ambiance familiale et rurale agrémentée d' une salade de lentilles (garnies de gésier et assaisonnée à la pomme; très original!) et des traditionnels spaghettis à la bolognaise. Et nous nous sommes renforcés pour ce repas de la vingtaine de nos collègues parisiens. Les retrouvailles sont chaleureuses et les défis sportifs s'annoncent pour la dernière journée.
Vendredi 16 juin: 145 kilomètres entre 8 heures 15 et 16 heures 25.
Après un petit déjeuner auto-organisé dans une joyeuse pagaille, nous partons pour Dompierre sur Yon où nous attend la trentaine d'Angevins du cru 2000. Par des départementales (blanches pour Michelin) nous rejoignons le lieu prévu pour le pique-nique: Maché (ça ne s'invente pas) sur les bords de la Petite Boulogne.
Par Commequiers et Soullans, nous traversons, bien qu'étant en Vendée, le marais breton. Nous atteignons l'océan à Notre Dame de Monts, récompense de 5 journées de pédalage assidu (50000 coups de pédale par jour environ).
Le passage sur le pont bossu qui relie l'île de Noirmoutier au continent est un grand moment d'émotion et les 15 kilomètres à travers les communes de Barbâtre et la Guérinière, une bien jolie promenade.
Au gîte des 4 Vents, également Centre d'Aide par le Travail, l'heure est encore une fois à la détente d'abord à la piscine du centre ou à la plage à 200 mètres, ensuite à l'apéritif-maison ou grâce au Côteau du Layon apporté par nos amis angevins qui n'en finit pas de re-re-remplir les verres. Ajoutez à cela une ventrée de moules parfaitement délicieuses et vous saurez pourquoi nous avons si bien dormi ce soir-là.
Samedi 17 juin: de 100 à 150 kilomètres suivant les parcours (et les erreurs de parcours).
Après une grasse matinée, nous prenons place pour la traditionnelle série de photos de groupe à 8 heures 30. Puis nous partons vers le sud par la piste cyclable à travers les dunes.
Le passage du Gois (4 kilomètres de route jusqu'au continent recouverts par l'eau à marée haute) est encore interdit à la circulation pour quelques jours, les abris disposés de loin en loin n'étant pas encore complètement remis en état après la tempête de décembre. Nous nous contenterons de regarder la chaussée se dégager peu à peu de l'eau qui la recouvre avant de repartir vers le pont de Noirmoutier. Pas tous pourtant puisque 3 irréductibles aventuriers tenteront et réussiront le passage, découpant de leur pneu quelques méduses mais sans jamais glisser sur la chaussée ni buter, à l'arrivée sur la maréchaussée. Comme quoi la chance sourit vraiment aux audacieux.
Sur le continent nous nous répartissons sur les 2 parcours pilotés par des cyclos du club de Challans. On aura ainsi l'occasion, suivant le cas et aussi grâce à quelques variantes bien involontaires, de visiter une cigognière et une héronnière, l'écomusée de La Barre de Monts ou la bourrine à Rosalie (ferme traditionnelle), le moulin de Rairé ou le jardin floral d'un particulier.
Le sympathique pique-nique à Garnache rassemble plus de 130 personnes.
Quant au dîner autour d'un beau plateau de fruits de mer, ce sera l'occasion de partager les émotions des voyages vers Noirmoutier: 31 Echirollois ont fait 880 kilomètres en 5 jours, les autres moins certes mais plus que prévu pour les 2 conductrices de la camionnette, Gilberte Picard et Brigitte Rollier, le vidéaste, Bernard Richaud qui aura finalement beaucoup roulé, et pour les 3 conducteurs de la voiture, Béatrice Davoust, Henri-Pierre Chapuis. et Philippe Allibert qui auront largement dépassé leurs espérances. Un seul d'entre nous aura été obligé, par une sévère indigestion, à passer à une après-midi en véhicule à moteur. Les Angevins étaient venus en 2 jours et les Parisiens nous avaient rejoint en voiture pour nous accompagner le vendredi. A signaler qu'une autre parisienne avait fait, de son côté le voyage en 2 journées de 250 kilomètres, avec son mari en voiture accompagnatrice. On en profite également pour fêter le demi-siècle de la "Parisienne au vélo vert", qui vient justement d'en changer de vélo mais ça c'est une autre histoire.
Après des journées aussi tonifiantes, il ne reste plus qu'à se trémousser avec plus ou moins de frénésie sur la piste de danse au rythme toujours aussi rock'n roll de Papy Blue and Co. Les derniers rendront les armes un peu avant 3 heures. Bonne nuit, les petits!
Dimanche 18 juin: 3 ou 4 dizaines de kilomètres dans le nord de l'île
Pour compléter la veille consacrée au vélo avec arrêts touristiques, nous passons carrément au stade du tourisme avec trajet à vélo entre chaque visite. Sous la conduite du guide du gîte, nous visiterons successivement la pointe du Devin (Merlin?), un marais salant (fleur de sel et salicorne), la plage des Dames (des fées?), la forêt de la Chaize, le port de Noirmoutier et la réserve ornithologique. Et pour terminer on s'offre une dégustation d' huîtres chez les ostréiculteurs. Qui dit mieux ?
On gardera un souvenir magnifique de cet univers si particulier au microclimat de l'île.
De retour aux 4 Vents vers midi, nous constatons avec stupeur que le car venu nous chercher de Grenoble est dépourvu de remorque à vélo. La consigne avait été bouffée en chemin. Qu' à cela ne tienne! Sous la houlette des 2 chauffeurs, par ailleurs cyclistes pratiquants, nous démontons nos coursiers pour pouvoir les bourrer dans les soutes.
C'est donc après un dernier repas et un voyage de 12 heures que nous parvenons à Echirolles vers 3 heures du matin. Il ne reste plus qu'à aller compléter le mauvais sommeil dans le car par quelques heures de vrai repos chez soi avant de reprendre le boulot.
Vivement l'année prochaine dans le Diois!
Pierre-André Sonzogno, porte-parole officiel de la Rando 2000